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Les phrases de plus de 30 mots

LilasPoint - 04 Apr 2016

La conversation ordinaire, c’est plutôt « bonjour, bonsoir, pardon, s’il te plaît, passe-moi le sel », ou de pire en pire il me semble : « Asstaprèm, tkt, A+, ‘lut, atout’, alater, … ».

Si vous n’êtes pas déjà partis vaquer ailleurs, reconnaissez qu’on n’entend pas de phrase à rallonge dans la vie quotidienne. On ne les rencontre que si on lit, si on écoute Arte, peut-être si on est délégué européen, ministre ou étudiant.

Désormais, tout va si vite que personne n’a plus le temps d’exprimer le fond de sa pensée en long, en large, en travers et en détail, comme dans les salons des Précieuses - parfois ridicules…, comme dans l’Ancien Régime puis à la cour de Louis XIV, comme les oisifs cultivés - et sans souci d’argent - tels Marcel Proust savaient le faire, ou plus tard comme le fit Nabokov entre deux chasses aux papillons sur le bord du lac Léman, avant de rentrer à l’hôtel où l’attendait son chocolat chaud tout fumant.

Exemple (tiré d’un documentaire sur Arte) :
« Au Tadjikistan, seuls les mineurs peuvent toucher avec leurs mains calleuses les spinelles, ces resplendissantes pierres roses qui ont représenté pendant des siècles le sang du Christ sur les couronnes des tout-puissants. » (32 mots)

Pas mal, ça a de la gueule... mais il y a mieux dans cet autre exemple (Milan Kundera, incipit de « La Plaisanterie », quand il se retrouve chez lui après bien des années) :

« Debout sur la grand-place qu'enfant, puis gamin, puis jeune homme, j'avais mille fois traversée, je ne ressentais nulle émotion ; au contraire, je pensais que cette esplanade dont le beffroi, semblable à un reître sous son heaume, surplombe les toits, rappelait le vaste terrain d'exercice d'une caserne, et que le passé militaire de cette ville de Moravie, jadis rempart contre les raids des Magyars et des Turcs, avait imprimé sur sa face la marque d'une irrévocable hideur. »

Ouf. Au-delà de 80 mots quand même, ce qui constitue si je ne m’abuse une rareté. Kundera est fils d’un grand pianiste, et pour peu qu’on ait un peu d’oreille on entend clairement la musique des pages de « La Plaisanterie » quand on les lit.

Comme je regrette ces temps pas si lointains où la vie s’écoulait aussi lentement, où on avait encore le temps de parler au travail, dans la rue, au café, où chaque film se poursuivait par un débat (inclus dans chaque séance de cinéma), où on écrivait les mots in extenso et pas leurs raccourcis actuels qui accouchent de générations de dysorthographiques, où on envoyait de copieuses lettres et pas des SMS.

Je vous entends d’ici me dire : « Faut te faire une raison, mémé ! On n’est plus sous Fallières, j’étais même pas né sous Mitterrand ! »

N’empêche que je lance ici et maintenant un appel : si vous avez dans vos tiroirs une belle phrase bien longue et bien ronflante, je vous saurais gré de la retranscrire dans les commentaires. Je prends !


Traduction simple :

Tape ci-dessous une phrase LONGUE, steplaît. Merci !


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bonbonze a écrit:
C'est curieux chez les intellos, ce besoin de faire des phrases...
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charlesattend a écrit:
Parfois, court, ça marche aussi: Longtemps je me suis couché de bonne heure
Aujourd'hui, maman est morte
Delenda est Carthago


et s'il faut faire plus long, je me suis permis un petit texte (en fait, c'est pas de moi):

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome, qui t'a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que l'Orient contre elle à l'Occident s'allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les mots et les mers !
Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles ;
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !


Il y a plus de 30 mots, mais les 3 derniers valent le coup (et même un sacré coup)



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LilasPoint a écrit:
Charles! Y'a le bonze qui me traite d'intello !
Merci pour vos commentaires, on ne se bouscule plus ici. Ils doivent être tous partis sur Fessebouc, copains d'avant ou autres twitter... là où ils ont leurs 500 vrais amis
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bonbonze a écrit:
Ouaip C'est désertique, mais je n'ai jamais eu autant d'audience...
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charlesattend a écrit:
C'est pas une insulte, intello. C'est bien qu'une femme sorte un peu de la cuisine
Pi c'est pas comme macho...
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Hansi a écrit:
Le contraire de la conversation ordinaire, a mauvaise foi est ‒ suivant Sartre ‒ une inauthenticité intime qui ne relève pas strictement du mensonge mais du désir d’être autre, contre l’évidence de l’être; elle est une disposition universelle, et surtout une praxis, qui correspond à un régime d’être ins , où le moi se feuillette en instances contradictoires mais vécues simultanément par un sujet qui s’est rendu, sinon insensible, du moins imperméable à sa contradiction.
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cornofulgur a écrit:
La terre était une verte et brune voilée par des nuages, la vaste voûte de la stratosphère s'étendant sans limites apparentes dans l'espace infini, et, mis à part les vibrations du moteur, il régnait autour du vaisseau un silence et une sérénité que homme ne pourrait jamais entamer.
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dictionaric a écrit:
gnagnagna ! casse-toi pov ' conne !
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LilasPoint a écrit:
à Hansi : « le moi qui se feuillette », c’est ma quête sans répit. Même si ça doit rester mon étoile inaccessible.

à Corno : merci, c’est très très joli. Affinité( virtuelle ;-) de longue date.

à Dictionaric : Les mots c’est comme des briques de construction. Il faut en plus le plan d’architecte pour les agencer (la forme, le style). Et pour un chef d’œuvre, il faut en plus l’idée exclusive (l’essence, le fond). Je ne suis pas encore à ce fameux niveau 3 de l’écriture, désolée les mecs. (Pour le niveau zéro de l’écriture, voir Roland Barthès).

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cornofulgur a écrit:
Mon exemple est tiré d'une nouvelle de 1947 :
"Les enfants de demain" dans "Le Barde du Futur" de Poul Anderson, écrivain américain de science-fiction et d'heroic fantasy.

Son auteur est celui qui a inspiré le le film "Avatar".

J'apprécie particulièrement sa nouvelle "Le Barbare",
une histoire à la Conan avec du second degré.
Une parodie, donc.

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Sandrinealine a écrit:
Sinon au vu de nos politiques... y a plutôt de longuesssss phrases



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