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La semaine de stage

LilasPoint - 15 Jan 2014

Je me réjouissais par avance de cette semaine de stage, généreusement octroyée par mon entreprise. Quelle chance de pouvoir enfin lever la tête du guidon, de se poser, d’analyser mes pratiques de travail. Bonheur additionnel : mon frère préféré m’hébergerait, et je supputais à l’avance de bonnes rigolades vespérales.

Hélas ! La crise économique passant par là, ma semaine de stage fut d’abord raccourcie à un jour, puis en définitive à une après-midi, que je m’en vais vous narrer si votre bon vouloir est de me lire.

12 heures, sortie en vitesse du boulot. Je grignoterai un sandwich en chemin, deux heures de route m’attendent.

14 heures. Sur le gong, je trouve la salle de stage. Un charmant conférencier nous accueille très aimablement.

14 h 10. Le conférencier est ABSOLUMENT navré que son intervention - pourtant innovante et formatrice - soit réduite à peau de chagrin (peau de zob, pour les mâles). Envers et contre tout, il va néanmoins faire son maximum et nous offrir un succédané du meilleur qu’il a.

15 h 30. L’animateur de service parle sans discontinuer depuis 90 minutes. Je ressens une légère fatigue cérébrale, mais je m’accroche.

16 h 20. Enfin la pause-café + pipi + bonjour à mes pairs que je vois rarement, mais…

16 h 30. La pause est déjà finie. Le blablateur s’excuse : il a été contraint de supprimer tous les ateliers pratiques, tous les visionnages de vidéos, tous les exemples parlants (parlants, ah ça oui). Il continue donc son petit bonhomme de discours, tel le lapin bourré d’énergie de Duracell. Il va y laisser sa santé le pauvre.

17 h 15. Le sombre crétin dégoise toujours. Je jette avec tristesse un coup d’œil sur les visages muets et accablés de mes collègues, sur leurs yeux exorbités. Le sombre crétin n’a pas pu se résoudre à élaguer, à tailler dans le gras : il nous assène en accéléré toute sa semaine de stage, en condensé et en quatre heures.

18 h. Je suis dans une colère noire. On devrait déjà être dehors, je ne verrai même pas mon frère, mon esprit refuse catégoriquement d’écouter quoi que ce soit depuis un bail, et je mangerai de la conserve ce soir.

18 h 15. Quelques stagiaires prennent résolument leurs cliques et leurs claques et se lèvent. Le reste de la salle, qui gigotait sur les chaises, suit soudain le mouvement. Chacun a droit à la sortie à un tas conséquent de documents, qu’on n’a bien entendu pas eu le temps de lire, mais qu’on aura le « loisir » (ben voyons) d’étudier « à tête reposée » (ben voyons, d’ici à demain par exemple, avant de reprendre le collier à l’aube) . Un envoi complémentaire par courriel suivra, auquel il serait bon de répondre pour informer de son « ressenti de stage ».

18 h 45. J’ai retrouvé ma voiture par hasard.

21 h. Ouf, me voilà rentrée chez moi. Je bois une soupe en brick en compulsant le tas de feuilles, agrémenté de références telles que « voir le descriptif, livre de Machin, page 112 », ou «voir powerpoint, annexe 4 ».

22 h. Le classement vertical, vous connaissez ? Lâchez les feuilles à environ 1 mètre de hauteur, elles atterriront à 0 mètre (traduction : au fond de la poubelle).

23 h. Dodo.

19 heures le lendemain. J’ai reçu le courriel complémentaire ( 20 mégas), qui sature presque ma messagerie. Je vais en faire une compression, à l’instar de César (le sculpteur, pas le romain). Leur formation compactée, quand on a enlevé tout l’air et le vide contenus dedans, devient un micro paquet très lourd, un trou noir à remettre illico en orbite dans le vide sidéral.

Que ce corps céleste quitte mon corps humain.

(C’est ce que je dis. Mais, employée scrupuleuse, je vais en fait tout ranger dans l’une de mes malles étiquetée « à faire », malles dont mon garage est plein.) A l’impossible nul n’est tenu. Traduction pour les mâles : MERDRE !!!!


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bonbonze a écrit:
Le stage s'était "Comment gérer le stress"
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cornofulgur a écrit:
Fini le roman policier nécrophile,
le drame psychologique sous-développé du zgueg,
la sit com aux rires surgelés,
voici venir l'époque de la saga stagiaire

Un sujet inépuisable, et puis ça crée des emplois
pour des gens dépendants, alors....
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LilasPoint a écrit:
à Bonbonze : très drôle, mais je n'en doutais pas . Et le thème c'était "l'importance du relationnel intra-entreprise", l'animateur du stage étant un modèle du genre

à Cornofulgur : merci. En effet les sagas stagiaire sont un modèle récent, allant de Caméra-café (modèle basique et pompé) à "50 contre un" (modèle lumineux de Philippe Djian dès les années 80), ou à "Extension du domaine de la lutte" (modèle précis et implacable de Houellebecq), et sûrement d'autres que j'ignore.

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LilasPoint a écrit:
Pourquoi "lumineux" pour Djian ? Et bien, parce que dès la fin de son entretien d'embauche, celui qui savait qu'il n'avait aucune chance est sorti se chauffer au soleil...
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marsupilamie a écrit:
Et le saut à l'élastique ? Raconte-nous
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bonbonze a écrit:
Non, c'était un seau à élastique...
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pepejul a écrit:
Ma femme m'a donné le seau et elle a dit : "allez..astique"

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bonbonze a écrit:
un stage clean alors...
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charlesattend a écrit:
Le stage Les médecins en sont au DPC : développement professionnel continu. C'est comme un stage, mais non présentiel.. Tu laisses ton ordi branché, tu cliques de temps en temps ( c'est sur 6 mois en moyenne) et tu touches environ 600 € à la fin. (sauf qu'ils ne payent jamais...)
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LilasPoint a écrit:
Bonsoir Charlesattend, et une remarque : Pour moi non plus ça ne s'appelle pas un "stage", mais j'ai changé quelques paramètres afin qu'on ne me reconnaisse pas... Je n'ai pas attendu l'affaire de l'espionnage à grande échelle des internautes par les américains pour me méfier d'internet !

Et je n'arrive plus à entrer dans l'espace tribal pour me connecter, mon PC fait un petit bruit quand je clique dessus, je réessaierai demain.

à Marsupilamie : j'ai un peu pratiqué le jet à l'élastique, mais jamais le saut ;-)
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marsupilamie a écrit:
Référence au préservatif ?
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bonbonze a écrit:
Ou au Jokari
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marsupilamie a écrit:
Ça existe encore ce truc ?
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bonbonze a écrit:
Bah Clique ici



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