Dans l'espace, personne ne vous entendra rigoler...

VERS LE BAS DE LA PAGE
V
R
A
C

Ce texte n'a pas été noté.

Petites canailles.

Raminagrobis - 14 Jul 2013


Nous étions quatre, trois copains et moi.

Nous vivions dans l’est de la France, dans une de ces citées implantées près d’une mine de fer ou près des hauts fourneaux, industries qui ont été sources de richesses pendant plus d’un siècle et qui ont, aujourd’hui disparues, totalement ou presque.

Les champs sont redevenus des champs, et seules les photographies, des puits de mines, accrochées au mur du salon, entretiennent la nostalgie des anciens.

On s’emmerdait ferme. On traînait dans les quartiers, en short, chemises décoloré et basket, nous avions une douzaine d’années.

En ce milieu des années 70 , on crevait les gouttières à coup de lance-pierre, on balançait des bombes à merde sur les costards des premiers communiants, des fils de chefs ou de bourges, qu’on croisait dans la rue , on foutait des pétards, le 14 juillet, dans le cul des chats qu’on choppait , nous étions des " fils de rien " comme chantait Brel.clique-ici

- Putain, qu’est-ce que je m’emmerde a lâché d’un coup, Aldo le rital,

- j’ai envie de niquer, il a ajouté.

Il ne pensait qu’à ça, racontant sans arrêt qu’il avait déjà sauté tout un tas de gonzesses, moi j’en doutais fortement, d’autant qu’il passait son temps à se gratter le cul.

-T’as jamais baisé personne je lui ai lâché en rigolant, histoire que les autres se marrent et se foutent de lui aussi.

Mais ça n’a fait rigoler personne, on se faisait trop chier et la nuit tombait doucement.
-Et si on allait dans le petit parc du quartier à dit le gros Jeannot.

Il avait toujours des idées qui nous foutaient dans la merde, mais finalement on s’en sortait bien.

-C’est parti à répondu Abdel, l’arabe, c’est pour ça qu’il se dégonflait jamais, quand l’un de nous sortait une idée foireuse à la con.

C’est comme ça qu’on s’est retrouvé, devant les grilles du parc de quartier, fermées des 18 h, en train de se faire la courte, tout en faisant gaffe à ne pas s’accrocher le short sur une pointe de grille.

Une fois à l’intérieur on n’était pas plus avancé, y avait même pas un chat.

Pour se rattraper, voyant que nous tirions la tronche, le gros Jeannot nous balance : " j’ai chouré deux clopes dans le paquet de Gauloises de mon vieux, vous êtes pas cap de fumer ", tout en roulant des mécaniques.

-Moi je le fais, dit Abdel.

-Tu peux même pas bouffer un bout de jambon, avec ta putain de religion, que je lui rétorque, alors fumer, encore moins.

- Si, si, on a le droit aux clopes.

Le gros Jeannot lui a filé une clope et une boîte d’allumettes, en fait, nous n’avions encore jamais fumé, il se l’ai collée au coin de la bouche, l’a allumée, a tiré deux bouffées, les a soufflées direct et a dit :

- Voilà, à toi, en la montrant au gros Jeannot.

- T'as même pas avalé, moi quand je fume j'avale, il a dit Aldo.

- Ben, fais-le, a répondu Abdel en lui foutant la clope dans la bouche.

Il a tiré une grosse bouffée, nous a montré qu'il avalait bien et il s'est mis à tousser comme un tuberculeux.

- PD, on a crié.

Puis on a fumé chacun notre tour, tout le monde faisait pareil, en tout cas moi, je tirais dessus, et je faisais semblant d'avaler, et je recrachais, même par le nez, des fois quand j'en avalais un peu, quand même.

Mais une fois la clope fumée, on n’avait plus rien à faire.

Alors Aldo il a eu une idée.

Le parc était gardé par un employé municipal, c’était un vieux qui avait fait la guerre, la dernière, comme on dit à chaque fois, sa fonction c’était d’ouvrir le parc le matin, de le nettoyer, d’entretenir les massifs, de faire un peu la police dans la journée, et de fermer le parc le soir.

Les gens l’appelaient Félicien, alors nous on disait : le père Félicien.

Il habitait une petite maison de fonction avec un jardin, contiguë au parc ,séparée par le mur de clôture dans lequel se trouvait une porte qui lui permettait un accès direct .

Sa passion ,c’était le jardinage, en dehors de l’entretien du parc ,il passait son temps dans son jardin ,à s’occuper de ses légumes ,il avait même des melons , qu’il faisait pousser, sous des cloches en verre ,des melons dans l’est de la France faut le faire , il avait construit une petite baraque en bois ,avec un toit en tôle , dans laquelle il rangeait ses outils .

Alors, voilà que l’Aldo il prend des cailloux dans le gravier des allées, et il commence à les balancer au-dessus du mur du parc, en direction du jardin du vieux, au bout du 2 ou 3 envois on a entendu un « Ting « et gling, gling, gling, comme un caillou qui frappe et roule sur de la tôle, l’Aldo il avait touché le toit de la baraque du père Félicien.

Du coup le gros Jeannot a décidé :

- On va balancer des cailloux sur la baraque du père Félicien.

On a commencé à lancer des graviers, on entendait leur bruit sur la tôle, jusqu’au moment ou à la place d’un bruit de tôle on a entendu un bruit de verre, l’un de nous avait chopé une des cloches en verre sous laquelle le père Félicien abritait ses melons.

Tout à coup, venant de l’autre côté du mur, le vieux Félicien s'est mis à gueuler qu’il allait nous choper et nous faire bouffer nos cailloux.

En entendant ça, le gros Jeannot a détalé et nous on a suivi, chacun pour soi, je me suis retrouvé tout seul, alors je me suis planqué dans un bosquet.

Le père Félicien était dans le parc, accompagné de voisins qui l’avaient rejoint.

- Je crois que j'en ai aperçu un, j'ai entendu dire.

Ils faisaient comme une battue, comme à la chasse, je les entendais qui se rapprochaient, je vais me faire choper que je me disais.

Finalement personne n’est venu dans mon coin.

Je me suis planqué encore pendant un bon moment, puis je suis sorti du parc en faisant gaffe et en escaladant une petite grille qui desservait une entrée de service.

En arrivant au coin de la rue, j’ai vu, plus loin, sous la lumière d’un réverbère, le gros Jeannot et Aldo qui parlait avec le père Félicien, qui disait qu’il y avait une bande de morveux qui foutaient le cirque dans le parc et son jardin.

Comme je m’approchais, je les ai entendus lui dire avec aplomb que ce devait être une bande d’un autre quartier.

Je me suis pointé, les mains dans les poches, comme si je les avais pas vus depuis longtemps, en ajoutant que je venais de la ville vieille où j’avais passé l’après-midi, chez un pote.

Le père Félicien a gobé tous nos bobards et nous sommes repartis en nous marrant, sauf Abdel qui n’était pas là, il devait encore être planqué, dans un coin ou derrière un arbre du parc, dans la nuit de ces années 70.


PRECEDENT - SUIVANT



_______________________________________________
bonbonze a écrit:

_______________________________________________
Pepejul a écrit:
wow.... ça c'est du bon texte.... un seul défaut il est trop court...j'en veux encore !
_______________________________________________
Cornegidouille a écrit:
Ça oui , c'est un bon texte ! Un seul petit bémol , mettre des pétards dans le trou de balle des chats, c'est mal . Ne fait pas aux truies ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît . N'explose pas l'anus des chats, Dieu te le rendra....un jour ou l'autre . BOUM
_______________________________________________
charlesattend a écrit:
un bien joli texte, comme on aimerait en lire plus souvent (et qu'on regrette qu'on ne l'ait pas écrit soi même, vu qu'on a fait pire comme conneries dans les années 70)
Est ce que tu publies quelque part ? je pourrais échanger quelques francs contre un exemplaire de tes ouvrages...
_______________________________________________
Raminagrobis a écrit:

Faut pas exagérer ,il y a rien de bien extraordinaire dans ce genre de texte,sauf qu'il est truffé de fautes.

Ce récit n'est qu'un souvenir d'enfance,parmi toutes les bétises que nous faisions presque quotidiennement avec mes potes.

Faut dire que nous n'avions pas de console,pas d'ordi ,pas de por ,pas de scooter ,alos quand on en avait marre de taper dans un ballon en caoutchouc et bien il restait ce genre de conneries.

Presque toutes les semaines,l'un ou l'autre de la bande avait une idée qui finissait en couillonnade ,comme la fois où le pantalon tout neuf du gros Jeannot a termené en cullotte courte.

Au fait ,Cornegidouille, pour le pétard du 14 juillet dans le cul des chats, en fait on l'a pas vraiment fait ,c'est pas que l'Aldo il ait pas éssayé , ma


_______________________________________________
Raminagrobis a écrit:

Faut pas exagérer ,il y a rien de bien extraordinaire dans ce genre de texte,sauf qu'il est truffé de fautes.

Ce récit n'est qu'un souvenir d'enfance,parmi toutes les conneries que nous faisions presque quotidiennement .

Faut dire que nous n'avions pas de console,pas d'ordi ,pas de por ,pas de scooter ,alors quand on en avait marre de taper dans un ballon en caoutchouc et bien il restait ce genre d'imbécilités.

Presque toutes les semaines,l'un ou l'autre de la bande avait une idée qui finissait en couillonnade ,comme la fois où le pantalon tout neuf du gros Jeannot a terminé en culotte courte.

Au fait ,Cornegidouille, pour le pétard du 14 juillet dans le cul des chats, on l'a pas vraiment fait ,c'est pas que l'Aldo il ait pas essayé , mais le greffier l'a méchamment balafré , mais en fait,on a fait pire...mais je n'en dis pas plus.



AJOUTER UN COMMENTAIRE
Votre message sera modéré avant sa mise en ligne

PSEUDO



Recopier les chiffres figurants ci dessus:

Smileys


Vous avez aimé ?: 0 vote(s)
VERS LE HAUT DE LA PAGE


Tri sélectif
Tri alphabétique
Tri par notoriété
- Afficher tout

- Serge Desproges
- Arachnide 🕷
- Les revues féminines au printemps
- Salon de "Coiffure"
- Le retour inattendu des étés ensoleillés !
- L'Aiguillon-sur-Mer (85)
- Les phrases de plus de 30 mots
- Berthe à l'hôpital
- Le casting
- La mode me casse les pieds
- Police municipale
- Perles de l’Aoûtien du 15
- L'histoire qui fait dormir
- Le Vendéen
- Porc Salut
- Perles d'Accueil II
- Perles d'Accueil
- Prête à tout
- Le parler tarnais
- lettre à L'Agence France Presse
- Poème naïf par Paul Adam (1862-1920)
- Première classe
- Anglicisme est bon pour vous
- La Logique ou la Mort ?
- Les dernières vacances de Séraphin Boursicot (suite ,mais pas fin)
- La semaine de stage
- C D I . . . ben M…. *, alors !
- Meilleurs vœux de Santé, Bonheur et Prospérité
- La nuit de... Noël de… La Mère Noël
- Les dernières vacances de Séraphin Boursico
- Nouveau test
- Mambo Sapenche
- Rasta et Mémé Speed Beer
- Mise à jour ( (1) /06/12/13 )
- Une grotte en profondeur
- Message pénurie pétrole
- Les justiciers milliardaires
- La véritable histoire vraie du grille-pain de sureté
- Sos Frustration.
- Toro de Fuego et autres traditions.
- Habille ton prof.
- Y'A Pas De Justice !
- Nocturne – Festival d’Avignon.
- Pigeon vole
- Petites canailles.
- La nouvelle chef
- Méli-mélo ou la confusion des sentiments.
- Paul emploi.
- En formation, tous !!
- À la fin de l'an

VERS LE HAUT DE LA PAGE


article lu 2219 fois.