Un oisillon au nid gueulait comme un putois
Un coq, passant par-là, lui demanda pourquoi
" Qu'as-tu donc oisillon, à faire tant de bruit,
A réveiller les loirs et faire fuir les pies ? "
" C'est monsieur l'emplumé, que j'appelle ma mère
Qui doit me ramener, un méga ver de terre
C'est qu'il est près d'midi et puis que j'ai grand faim
Et que je ne saurais attendre jusqu'à demain "
Ce coq était un sage, et puis de bons conseils
Il dit à l'oisillon " Ouvre grand tes oreilles
Ta mère, je la connais, mon petit rossignol
De l'arbre ou tu te niches, elle en est la bignole
Distribuant le courrier, lavant les escaliers
Travaillant sans relâche, pour pouvoir t'éduquer
Ton père ne goûtant guère les taches ménagères
S'est enfuit, lâchement laissant tomber ta mère
Vers les bois plus au sud, pour y faire la fête
En bonne compagnie de quelques grasses poulettes
Peut-être pourrais-tu pour soulager ta mère
Gueuler un peu moins fort ou même bien te taire
Tu as faim, je comprend, mais avec tout ce bruit
Tout ce que tu vas faire, c'est avoir des ennuis
Tu pourrais attirer quelques grands prédateurs
Et passer avec lui un très mauvais quart d'heure "
" De quoi te mêles-tu vieux coq de basse-cour
Tes maîtres feraient bien de passer au four
Je ne t'ai rien d'mander laisse-moi dont gueuler
Retourne dans ta ferme, surveiller tes poulets
Que veux-tu donc m'apprendre espèce de vieux con
Tu f'rais mieux je te dis, d't'occuper tes oignons
Je sais c'que j'ai à faire, et maintenant tu la fermes
Retourne jouer les bouffons dans la cour de ta ferme "
Alors notre oisillon ajustant sa casquette
Se remit de plus belle à chanter à tue-tête
Un faucon qui passait et entendant ces bruits
Ne fit qu'une bouchée de ce piètre abruti
Heureux pour une fois qu'a l'heure de midi
Le repas soit pourvu d'une bonne sonnerie.
Le bon bonze
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