Humour et dérision à tous les étages. Maison fondée au siècle dernier.

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Dernières lueurs
- Bon, c’est pas l’tout mais faut que je chope le dernier métro moi. Allez, à plus.
Ca fait quoi, dix, vingt minutes que j’ai dit ça ? Et puis je me suis rassis et j’ai pris un dernier verre de vin blanc pendant qu’Idylle me chuchotait des conneries à l’oreille. Le temps que je me rende compte que 1) j’étais bourré et 2) j’avais loupé le dernier métro, il était 3 heures et j’étais dehors. On avait bien rigolé, et puis chacun s’était barré dans son coin. J’avais continué à sourire comme un con en avançant tout seul dans la rue, et puis… Merde, le métro !
Maintenant je suis tout seul à marcher dans la rue. Il fait froid, et j’ai oublié mon manteau chez Félix. Foutrement malin. L’alcool quitte très lentement mes veines, mais pour l’instant… j’ai l’impression d’être dans un putain de tableau cubiste, ou un truc comme ça . Pourquoi les rues ont autant de lumière la nuit ? Ca m’écorche les yeux, j’ai mal à la tête.
En fait Paris la nuit, c’est assez à chier dans le fond. Ou alors c’est que j’emprunte les mauvaises rues. Ca c’est sûr, dès qu’on fait du hors pistes dans les circuits de la capitale, on se retrouve dans des ruelles puant la pisse. Mes soirées ressemblent beaucoup plus à ça qu’au trip " boîte de nuit ". C’est pas plus mal.
Putain, il m’a fait peur ce con ! Un clochard allongé sur une grille d’aération, contre un mur… Je l’avais pas vu, j’ai failli lui marcher sur la main. Bordel. J’essaye de m’allumer une clope, mais mes mains tremblent encore trop, et le briquet tombe à travers la grille. Soirée de merde.
Je marche comme ça pendant je sais pas combien de temps. Maintenant, je suis plus du tout torché, et c’est dommage parce que je dirais pas non à un peu de vodka pour me remonter le courage. Je croise un couple qui me reluque vraiment bizarrement, à cause de mon air d’épave sur pattes peut-être.
Des espèces de mecs entre racailles et neo-keupons, le look le plus étrange que j’ai jamais vu, commencent à me suivre. Comme je suis pas vraiment dans l’état de flipper, je laisse faire. Mes pieds me font super mal, et je commence à être grave crevé. Et je sais pas vraiment où je suis.
- Eh mec, qu’est-ce que tu fous là ?
- Ah vous tombez bien les gars, je suis paumé.
Les types hallucinent, ils s’attendaient pas trop à se genre de réponses. Ils sont encore en train de se gratter la tête après m’avoir remis sur le bon chemin, et je leur ai même taxé une clope. Pauvres cons.
Ca y est, j’y arrive presque. Déjà, j’ai réussi à atteindre le 20e, encore quelques centaines de mètres et je pourrais enfin… dormir, putain de merde, je rêve debout à mon oreiller.
Ouais, c’est bon, je reconnais maintenant. Je tourne sur l’avenue, et… ouais, c’est bon, là-bas, mon immeuble ! Juste dos à dos de ce putain de building géant qui illumine la nuit. Y a toujours une série de lumières allumées vers les derniers étages, je sais pas trop pourquoi. Attends, des connards qui bossent à cinq heures du mat’, ça existe pas, pas possible… Je sais que mes soirées finissent souvent quand certains se lèvent pour aller à l’usine, mais quand même.
D’ailleurs ils sont là, tiens. Une poignée de gars burinés par les années, qu’on dirait presque sortis d’un bloc de pierre après avoir été taillés à la va-vite. Ils me regardent en coin, et je me marre en imaginant la scène : eux avec leur bleu de travail, baillant toutes les trente secondes, et moi avec mes yeux en trou de pine qui me piquent et ma putain de barbe de six jours. Je me ferais presque pitié, tiens.
Les derniers moments de la nuit s’échappent. Les mains tremblantes, je glisse ma clé dans la serrure. J’ai pas allumé les lumières du couloir, elles me niquaient les yeux.
Putain de clebs qui gueule ! Je me grouille d’ouvrir la porte et de lui foutre un bon coup au cul, mais rien à faire, Zoé doit être réveillée, maintenant. Ah bah oui, là voilà qui sort de la chambre, le visage tout froissé par la marque des draps.
- Putain, tu fais vraiment chier avec tes soirées à la con. Viens te pieuter, pauvre enculé, et que je t’entende pas ronfler.
C’est dingue c’que j’l’aime cette nana.


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Gloria à écrit:
C'est vraiment possible de faire ce genre de trip à Paris? Parce que ça intéresserait un copain...
Si on contacte l'office tu tourisme, l'aura p'tête plus de chance de trouver une visite touristique où tu peux te bourrer la gueule en même temps...
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K. à écrit:
C'est possible, car c'est du vécu (à 90 %)
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Gloria à écrit:
ou du vécu à 90°?
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Marcel à écrit:
Plusieurs petites remarques :

C'est pas parce que les gars ont une sale gueule qu'ils ne peuvent pas être serviable (quoique néokeupon-caillera ça peux faire lourd, type svinkels quoi ?) - Quoique je n'habite pas Paris donc je ne peux savoir. M'enfin je suis plus ou moins d'accord, plus ça va plus ils deviennent con.

" Ils croisent ceux qui se couchent tard la nuit
Oiseaux nocturnes qui retrouvent leur lit
Epaves sur le chemin
De ceux qui se lèvent tôt le matin "
Les garçons bouchers - ceux qui se lèvent tôt le matin

Quand à la dernière fois où une copine m'a traité d'enculé, c'est moi qu'il l'est... Euh... Non décidément non, je ne vous raconterez pas ma vie

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K. à écrit:
Ouais, je sais bien que l'habit ne fait pas le moine, et que l'exception confirme la règle, tout ça, mais ils se font rares...
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Marcel à écrit:
Je suis d'accord que plus ça va, plus y'a de cons, ou alors tout étant relatif, c'est moi qui me conifie. Quoique, personnellement j'en doute. Car comme disais Sartre : "les cons, c'est les autres"... Pardon, je me suis gourru dans la citassu... Milles excuses.

L'habit ne fait pas le moine et encore moins l'uniforme sale du keupon ne fait le clodo, juste le petit con qui se la joue. Cf la déglinguée et "Pourquoi".

Pour terminer, oui K., je suis d'accord avec toi

Ps: tu fais la grève de la bonbonze compagnie ?

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anonymous (dégonflé !) a écrit:
myto



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