Humour et dérision à tous les étages. Maison fondée au siècle dernier.

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Le dernier métro
Je prends encore le dernier métro ce soir.
Lorsque même la nuit dort, quand le caniveau reflète les étoiles, je m'engouffre dans ces tunnels en béton, ces langues souterraines ; je passe ces tourniquets comme je passerais une frontière, sans espoir aucun de revoir le ciel jusqu'à demain matin... Ou jusqu'au mois prochain.
Il est tard, et ce soir, presque personne dans les couloirs... Ce métro brise les êtres pour en faire des numéros, des automates qui déambulent sans but au crépuscule.
A force de marcher et d'errer je pose le pied sur les quais, en terrain conquis, là où le nom de la station remplace le Terra Incognita. Celle-là se nomme "Bastille", du nom de la prison qui il y a deux cent ans était encore là et qui est aujourd'hui remplacée par ces dragons tout faits d'acier.
Le voilà justement qui arrive, interminable guivre que je suis le seul cette nuit à visiter ; comme dans les délires d'Alice dans son wonderland, le monstre m'ouvre ses entrailles où je m'engouffre sans bataille. Le signal sonore m'avertit d'attacher ma ceinture, et pendant que je m'offre à une banquette en cuir, les portes se referment dans un claquement sec. Pris au piège du monstre de caoutchouc, je me laisse entraîner dans un tunnel étranger, labyrinthe dont le plan est devant moi, là, à côté du lapin blanc qui me rappelle à mes songes d'enfants.
Et puis, je me suis endormi, et lorsque je me réveille le métro est déjà arrivé à quai. Sont-ce donc ça, les Indes ? Tel Christophe Colomb, je pose le premier pied en territoire inconnu et pourtant familier. Les couloirs me recrachent à l'envers, et voilà la fin de mon tour des Enfers, je me retrouve à l'air.
Et ce soir, je prendrais encore le dernier métro.
(écrit le 22/03/02 entre Bastille et Nation)


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