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Le placard
Tout a commencé la nuit dernière. Amélie n'a pas réussi à dormir, à cause des bruits dans le placard. Et à sept ans, on croit encore aux monstres...
Juste après que sa maman ait éteint la lumière, Amélie s'est blottie sous sa couette. Elle s'est mise à penser à l'Histoire, plutôt jolie ce soir-là. Au bout du chemin, l'Amélie du Livre (c'est toujours Amélie le nom de l'héroïne) trouve le soleil dans son piège, et le libère. Et les roses éclosent. Elle ferme les yeux et imagine ce champ de roses, sous l'astre doré...
Et, alors qu'elle abordait les tranquilles rives du sommeil, Amélie a entendu des bruits dans le placard. D'abord comme des petits grattements à la porte ; et puis un lointain gémissement, rendu sourd par le bois vermoulu... Amélie s'est redressée sur son lit, prête à appeler ses parents, comme tant d'autres soirs auparavant. Elle faisait souvent des cauchemars en ce moment, mais jamais encore n'avait entendu de bruit dans le placard. Pire, il y avait même de la lumière qui passait sous la porte... Amélie s'est enfouie au plus profond de son lit, en essayant de ne pas penser à un grand monstre baveux et effrayant, toutes griffes dehors.
Le lendemain, elle a ouvert très lentement la porte du placard, un peu anxieuse ; mais il n'y avait rien, juste ses vêtements pliés en tas, bien sages. N'empêche qu'elle avait entendu des bruits... Et ça a recommencé le soir venu. Encore des gémissements, plus fort cette fois-ci. Amélie s'est mordue les lèvres pour s'empêcher de crier, mais rien à faire. Son papa est venu, un peu bougon, et a ouvert la porte du placard ; bien sûr, il n'y avait rien. N'empêche... Amélie est intriguée, maintenant, plus qu'effrayée.
Alors la troisième nuit, quand quelqu'un - ou quelque chose - s'est mis à gratter à la porte, Amélie n'a pas pu résister. Elle s'est levée, et est allée devant le placard. Elle a lentement ouvert la porte ; s'il y avait un monstre, eh bien, tant pis... Tant pis.
Mais il n'y avait pas de monstre. Ecarquillant les yeux, Amélie a frissonné en découvrait ce qui se cachait là depuis trois nuits. Et puis elle s'est précipitée à l'intérieur du placard ; la porte s'est refermée, et on n'a plus jamais revu Amélie.
Parce qu'à l'intérieur du placard, il y avait un champ de roses. Et au milieu du placard, au milieu du champ, au milieu de nulle part, le soleil gémissait, parce qu'il était pris au piège.

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