Dans l'espace, personne ne vous entendra rigoler...

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RENCONTRE
Je ne l'ai même pas regardée la première fois que nous nous sommes croisés. Elle non plus, remarque ; à peine un léger frisson qui l'a traversée de haut en bas. Je me suis toujours demandé comment j'avais pu la manquer ce jour-là ; elle ressortait tellement du paysage, elle était tellement en décalage avec ce décor gris et vieux qui nous environnait... Si belle que je n'aurais jamais pu imaginer qu'elle m'aimerait un jour., et pourtant... Mais n'anticipons pas. J'étais pressé, le trottoir m'avala, et je ne la vis pas.

Ce n'est que le lendemain soir qu'elle attira mon regard. L'escalier mécanique du métro m'amenait en toussotant vers la surface, tranquillement, et sur la chaussée... Je la vis soudain, ange tombée du ciel, comme si elle avait toujours été là à m'attendre. J'ai raté la marche et je me suis écroulé presque à ses pieds. Je me suis immédiatement relevé, rouge de honte, en bafouillant quelque excuses, mais elle n'a pas parue affectée. Toujours aussi rayonnante, elle continuait de me regarder, sereine. J'aurais voulu lui parler, mais impossible de faire sortir un seul mot de ma bouche... Je sentis soudain derrière moi la rumeur de la foule qui grondait, les gens qui se pressaient derrière moi ; alors je partis, de peur d'être noyé, en espérant que personne ne lui ferait de mal.

Le troisième soir, lorsque le métro s'immobilisa près du quai, je ne descendis pas tout de suite. Les pulsations de mon coeur résonnaient dans toute l'ossature de la rame, tellement j'étais nerveux. Néanmoins, je finis par sortir, cette fois un peu après tout le monde, pour avoir le temps de la voir. J'avais remâché toute la journée ce que je pouvais lui dire, comment je pouvais l'aborder ; mais rien de convaincant ne s'était présenté à moi. Alors j'étais un peu anxieux en montant sur les marches, tandis ce que la langue caoutchouteuse me portait à l'air libre ; et si elle me trouvait insignifiant ? Si je ne lui plaisais pas ? Après tout, c'était peut-être un autre que moi qu'elle attendait chaque soir... Mais j'étais seuls sur l'élévator, seul dans la rue naissante. Et elle était là, à m'attendre. C'aurait pu être la scène d'un film, si une musique lancinante s'était élevée dans les airs à ce moment-là. Nous nous dîmes bonjour, et je sentis immédiatement qu'elle voulait que je l'emmène. Il fallait la comprendre, cette belle plante n'avait rien à voir avec la désolation urbaine des alentours... N'y tenant plus, complètement électrisé, je l'arrachai au trottoir et l'emmanai chez moi.

Le chemin que nous parcourûmes du métro à chez moi s'effilocha en quelques secondes, et bientôt nous étions dans mon salon, le souffle encore un peu court, la fraîcheur du soir sur notre peau. Je sentais qu'elle était toute à moi, que son amour m'était offert. Elle était à nu devant mes yeux, et j'avais de plus en plus de mal à me contenir.

Alors finalement, n'en pouvant plus, je suis passé à l'acte. Cette magnifique marguerite que j'avais ramassée, je la mis en pot, et l'installai sur mon balcon. Elle fera très bien à côté des bégonias.

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