Humour et dérision à tous les étages. Maison fondée au siècle dernier.

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Histoire immorale
humeur du 20 mars 2004


ssis dans le métro, plongé dans une version originale d’un roman de Qui Xiaolong, je décryptais les idéogrammes non sans difficultés, j’avais un peu perdu l’habitude. J’étais tellement absorbé par cette activité que je ne l’avais pas vu s’installer sur la banquette me faisant face.

Peut être était-ce son parfum, ou quelque puissance supérieure qui me fit lever la tête. Mais je cessais immédiatement toute activité pour la contempler. Ce n’était pas le genre de femme qui attire le regard, elle était assez classique, châtain, ses cheveux longs, étaient rassemblés en une queue de cheval qui mettait en valeur ses traits fins. Elle portait des jeans et un chemisier noir, légèrement trop petit dont le tissu tendu laissait voir entre les boutonnières quelques morceaux de peau ainsi qu’un bout de sous-tif noir. Charmant spectacle. Elle était plongé dans la lecture d’un roman noir et au bout d’un moment, fini par s’apercevoir que je la dévisageais avidement. Elle me regarda à son tour, souris et me demanda :

- J’ai un morceau de pomme de terre sur la joue ou mon rimmel à coulé ?
- Ah ! Je vous prie de m'excuser, mademoiselle, de vous dévisager ainsi mais pour être franc, il y a quelque chose en vous, je ne saurais dire quoi, qui m’attire irrésistiblement.
- D’abord c’est pas mademoiselle, mais madame, ensuite je vais vous dire ce qui vous attire en moi : C’est mon cul, et c’est d’autant plus surprenant que je suis assise et que vous ne l’avez même pas vu !


J’éclatais de rire devant tant de franchise.

- Eh bien vous voyez bien qu’il y a autre chose, puisque vous le dites vous-même !
- Si c’est pas mon cul, c’est mes seins ou n’importe quoi qui vous fait fantasmer chez moi, mais honnêtement, vous n’avez pas une tête à contempler une femme juste pour la beauté de la chose.
- C’est que les apparences sont trompeuses, il n’est pas dans mes habitudes de dévisager les gens dans le métro, mais vous me faite penser à un Botticelli.
- Et en avant pour la poésie à trois francs, je suppose que dans le regard de Botticelli on ne verrait pas s’inscrire la taille de mon soutien-gorge avec un point d’interrogation derrière. C’est du 85B puisque ça à l’air de vous passionner. Vous faites le même coup à toutes les jeunes femmes qui s’asseyent en face de vous ?

Je tournais la tête vers la banquette d’à coté ou pesait une grosse matrone déchiffrant laborieusement un roman Arlequin.
- Ben non fis-je en lui montrant la dame.

Elle tourna la tête et rit à son tour.

- Un point pour vous. Et ce livre en japonais que vous lisez, c’est un stratagème de drague ou vous le lisez vraiment ?
- C’est du chinois, mes parents pensaient que les Chinois finiraient par envahir le monde, aussi m’ont-ils inscrit chinois deuxième langue au lycée. J’ai un peu perdu, mais j’essaye de garder le niveau. Et vous vous lisez quoi ?
- Un polar, « La blonde en béton » de Connely. J’ai acheté ça pour le titre, sans doute une vengeance personnelle.
- Je l’ai lu. C’est vraiment bien. Vous voulez que je vous dise la fin !
- Ça va pas non !
- Bon alors venez prendre un verre avec moi ou je vous déballe toute l’histoire !
- Vous perdez pas le Nord vous. Un vrai prédateur. Mais vous êtes amusant et j’ai un petit moment de libre, je crois que je vais accepter.
- Et bien allons-y !


Nous nous retrouvâmes donc attablés face à face dans un bistro derrière une tasse de thé à nous raconter nos vies. Elle s’appelait Claire, études brillantes, mais pas de boulot, elle s’était dégotée un boulot de secrétariat dans une agence de com. Le patron, jeune cadre dynamique comme il se doit, avait flashé sur elle et réciproquement. Elle était rapidement devenue la femme du patron ce qui n’avait guère encouragé la communication avec ses collègues. La passion était retombée aussi rapidement qu’une mayonnaise loupée. Elle n’avait été qu’une lubie de son mari entre un bateau de plaisance et une voiture de sport. Pas d’enfant, elle n’en voulait pas, enfin pas avec cet homme là. Elle s’emmerdait un peu dans la vie. Je l’écoutais attentivement charmé par son visage et le son de sa voix.

Je lui racontais la mienne de vie, mes études de psycho et de biologie, mon contrat gouvernemental sur l’étude de l’impact des marées noires sur les coquillages du littoral, sinécure qui me laissait beaucoup de temps libre. Ma passion des blondes à forte poitrine, et les aventures qui en découlaient ce qui la fit beaucoup rire. Je lui racontais Gérard et le Tubercule Agile. Je lui racontais aussi le bon bonze au caramel mou.

- Je serais curieuse de voir ça me dit-elle. J’ai un PC chez moi avec une liaison haut débit. Tu veux bien venir me montrer ça ?
- Ça ne va pas déranger ton mari ?
- Il est absent cette semaine, un séminaire ou une maîtresse, je ne sais plus trop.

Et nous partîmes donc pour son appart. Un très très grand et très très bel appart dans un quartier chic.
- Heureusement que j’ai une femme de ménage, même si ça me gène un peu moralement, c’est quand même bien pratique.

Un PC dernier cri trônait dans un bureau, relié à un écran plasma fixé au mur. C’était la première fois que je voyais mon site sur un mètre de large. Je lui montrais donc quelques textes, parmi mes préférés. Elle rit beaucoup. Un coup de téléphone l’éloigna de la pièce et je bricolais seul un moment sur Internet.
Peut-être un quart d’heure plus tard, elle revint. Elle s’était changée et ne portait plus qu’une veste de pyjama en soie noire maintenu par une ceinture trop lâche qui ne me laissait rien ignorer d’une plastique irréprochable. Elle avait des jambes magnifiques, longues, bronzées.
Je lâchais le clavier pour la regarder.

- Heu… C’est ta tenue habituelle pour recevoir ou il se passe quelque chose.
- Il se passe quelque chose
dit-elle avec un grand sourire en tirant sur le bout de la ceinture qui tenait le bout de tissus qui ne cachait déjà pas grand chose.
- Y a maldonne là. Je te trouve sympathique, jolie, charmante, sexy et tout ce que tu veux, mais il me semble que tu m’as dit être mariée et fidèle !
- Je te rappelle que tu m’as répondu ne pas être jaloux !
- Oui ben c’était de l’humour, il y a une marge entre trouver quelqu’un sympathique et en faire sa maîtresse en trois heures chrono.
- Tu veux pas ?
me dit-elle avec les yeux humides et un sanglot dans la voix.

Je lui ai bourré le cul, plus par politesse que par conviction, elle a semblé avoir aimé à l'entendre bramer comme elle l'a fait, mais c'était peut-être aussi plus par politesse que par conviction. Je lui ai refilé un faux numéro de téléphone et suis rentré chez moi. Quand je pense qu'elle ne m’a même pas invité à dîner ! Les bonnes manières se sont plus ce qu'elles étaient.
C’était une histoire d’amour, en forme de fermeture… et Claire !


Le bon bonze



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Gloria à écrit:
moi je trouve ca triste...
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bonbonze à écrit:
Ah c'est sûr que c'est pas gay !
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dictionaric à écrit:
Moi je trouve que Vous devriez écrire un bouquin. J'y pense quant à moi mais il me manque une partenaire féminine qui pourrait m'expliquer les tenants et les aboutissants de la psychologie des femmes. Manque de pot ma femme est une matheuse et pas une littéraire. Je pense bien à changer de sexe mais il parait que c'est irréversible et ça cela me dérange vraiment beaucoup. Je compte sur mes deux fils pour m'engendrer peut-être un jour une petite fille qui ressemblerait à son grand-père. Affaire à suivre...
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bonbonze à écrit:
Merci pour le compliment, j'ai longtemps caressé cette chimère (Non pas Claire, j'ai pas eu le temps !) d'écrire un bouquin avant de m'apercevoir que je ne savais faire que dans le bref et le concis. Je ne pense pas être capable de tenir la distance sur 150 pages. Aussi, je me contente d'Internet, c'est parfaitement adapté à ça.
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naoylefou à écrit:
c'est méchant mais ce qui me fait marrer c'est que cette femme (qui a l'air adorable) connait ton site et va donc apprendre quelle s ai fait "bourrer le cul, plus par politesse que par conviction" je suis sur que ca va lui faire plaisir...
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bonbonze à écrit:
Même dans ce genre de circonstances délicates, j'essaye de rester un gentleman
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anonymous (dégonflé !)[85.171.71.118] a écrit:
Tu essaye xD
J'ai bien aimé le jeu de mot a la fin -__- mais ca c'est mon humour a moi.



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