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Le mètre étalon
Cornegidouille - 08 Jul 2012

J'avais trois ans lorsque mon père, fonctionnaire au service de l'état français, fut envoyé au Congo. Nous embarquames , mes parents mes deux frères et moi sur l'aviso Savorgnan de Brazza et de là remontent mes premiers souvenirs .
Notre mère terrorisée à l'idée que l'un de nous joue une version pédiatrique de" un homme à la mer" tenta de nous confiner dans la cabine , puis elle rendit les armes et ce fut pour nous une immense salle de jeux .
De l'arrivée à Brazzaville, je garde peu de souvenirs. Nous habitions une case, ce qui en langage expatrié signifie une maison grande et confortable avec des ventilateurs au plafond et des moustiquaires aux fenêtres . Ma mère, toujours elle, nous obligeait à des contraintes nouvelles :ne pas jouer par terre à cause des serpents , ne jamais sortir sans notre casque colonial à cause du risque de coup de bambou , faire la sieste tous les jours pendant au moins une heure et demie .
J'adorais le casque colonial! Il était blanchi tous les matin par André , le boy à tout faire.Sous la toile était une armature en liège , et si vous voulez me faire chavirer offrez moi un truc dont l'odeur marie liège et blanc à chaussures ! Le casque nous préserverait du coup de bambou , version tropicale et dramatique de la vulgaire insolation . Le coup de bambou disait mon père pouvait ,être mortel ou pire ,rendre minus habens et il n'y a aucun remède à ça les enfants ! Alors casque !
J'ai toujours detesté la sieste , cette pose obligatoire et à durée déterminée , une SDD , j'ai donc toujours utilisé ce moment à des activites parallèles et pas toujours appréciées par les adultes . De plus, mes freres partageaient une chambre , moi j'etais seule dans la mienne .Ma chambre donnait sur l'arrière de la maison , le bruit du ventilateur et des bruits d'eau et de vaisselle venaient de l'annexe de la cuisine située à l'extérieur , les boys s'interpellaient ,riaient, je crayonnais les murs avec mes Caran d 'Ache .
À quatre ans , je devins assez grande pour voir à l'extérieur , entre les jalousies de la fenêtre. C'était très juste, mais sur la pointe des pieds, j'avais une vue sur le lavoir .
Je vis cet après midi là Michel, le cuisinier qui finissait de récurer quelques marmites , puis,il remplit le lavoir, grand cube de béton brut. Je mettais enfin des images sur ces bruits entendus depuis plusieurs mois . Mais ce qui est intéressant, c'est qu'après avoir fini son travail, Michel ôta sa chemise et son pantalon blancs , il s' aspergea et se savonna longuement avec un gros savon de Marseille et enfin, il entra dans le lavoir, s'immergea entièrement et ressortit la tête bientôt un sourire béat aux lèvres .
J'avais déjà vu mes frères à poil, jamais mon père et j'étais loin d'imaginer qu'une chose aussi étrange et volumineuse puisse pousser entre les jambes des mâles . Je sais maintenant, avec du...recul, que Michel avait un fort bel instrument, un joujou exceptionnel. Deux ou trois fois par semaine, lorsque j'entendais le lavoir se remplir à grande eau, je prenais mon poste d'observation et bientôt je décidais de partager ce moment avec mes frères qui me caftèrent très rapidement.
Ma mère pria Michel de continuer à avoir une bonne hygiène et lui offrit une demi douzaine de slips kangourou qu'il garda désormais pour se laver . On me changea de chambre pour une vue plus conforme , une vue sur le garage ou Albert, le boy voiturier, lavait la 203 ....
Jusqu'a l'âge de raison le sexe de Michel resta pour moi le mètre étalon de la virilité , mais ceci est un autre épisode .

( à suivre)




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bonbonze a écrit:
Jolie histoire.
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charlesattend a écrit:
C'est donc de là que tout ça vient ...
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Cornegidouille a écrit:
C'est toujours de là que tout vient, Charly ...je veux parler de l'enfance bien entendu.
Merci Bonbonze je suis touchée
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charlesattend a écrit:
On attend la suite avec impatience.
Ceci dit, je me demande pourquoi les nanas disent que la taille du machin à peu d'importance et pourquoi en fait c'est la seule chose qui les interesse (avec Secret Story, of course..)
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bonbonze a écrit:
Si le maître est Talon, je l'aurais appelé Achile, pas Michel...
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Cornegidouille a écrit:
Attend Charles c'est po^ fini
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charlesattend a écrit:
Ben c'est ce que je fais..
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LilasPoint a écrit:
Si c'est de l'enfance que tout vient, je comprends pourquoi j'ai toujours trouvé l'engin étrange, étranger même : seulement deux soeurs et dans une école non mixte, soit un Michel entraperçu très très tard... Merci pour ton texte, j'espère d'autres nouvelles du Congo bientôt !
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marsupilamie a écrit:
On en trouve encore des boys ? Ma caisse est dégueulasse... Très beau texte , ma Cornebitouille.
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Cornegidouille a écrit:
Merci a tous toutes , la suite est dans ma tête, elle mûrit....
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Cornegidouille a écrit:
À Marsu, j'ai des adresses , tu demandés et houba hop
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Bastacusi a écrit:
Histoire vécue ?
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marsupilamie a écrit:
Histoire vrai cul ?
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Cornegidouille a écrit:
À basta et Marsu je dirai "les deux mon général"



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